quelques photos de la cérémonie du 11 décembre 2011

Allocution du Président de la SHJT

DISCOURS PRONONCE LE 11 DECEMBRE 2011 A L’OCCASION DE LA CEREMONIE ORGANISEE PAR LA SOCIETE D’HISTOIRE DES JUIFS DE TUNISIE AU MEMORIAL DE LA SHOAH A LA MEMOIRE DES JUIFS DE TUNISIE VICTIMES DES NAZIS.

Monsieur le Grand Rabbin de France,

Monsieur le Représentant de l’Ambassadeur d’Israël empêché,

Monsieur le Conseiller économique à l’Ambassade de Tunisie,

Monsieur le représentant du Ministre  de la Défense Nationale et des Anciens Combattants,

Monsieur le représentant de Monsieur Pierre Lellouche Secrétaire d’Etat au Commerce Extérieur,

Madame Vieu-Charrier Maire-adjoint représentant Monsieur Delanoë Maire de Paris,

Madame Seroussi représentant Monsieur Pupponi Député-Maire de Sarcelles,

Madame le Maire du 4ème arrondissement de Paris

Mesdames et Messieurs les Elus,

Monsieur l’Imam

Monsieur l’Aumônier général israélite des Armées,

Messieurs les Rabbins, Madame et Messieurs les Aumôniers militaires israélites,

Monsieur le Président des Consistoires de France et de Paris,

Monsieur le Représentant de la Communauté juive de Tunisie,

Monsieur le Président du Fonds Social Juif Unifié,

Monsieur le Vice-président du C.R.I.F.,

Messieurs les Présidents et représentants des associations d’anciens déportés et d’anciens combattants,

Monsieur le Président de la Fédération des associations d’originaires de Tunisie, et mesdames et messieurs les présidents desdites associations,

Madame la Présidente de la Fondation Aladin ; messieurs les représentants de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, du Mémorial de la Shoah et de l’Amitié Judéo-musulmane de France,

Messieurs les porte-drapeaux,

Mesdames, Messieurs,

En ce lieu chargé d’émotion, nous sommes venus pour nous souvenir d’une page dramatique de l’histoire des Juifs de Tunisie, pour partager un moment de recueillement, de prière, d’espérance. Je remercie Monsieur le Grand Rabbin de France qui pour la deuxième année consécutive a bien voulu accepter la présidence de cette cérémonie et lui confère  ainsi toute sa signification spirituelle, ainsi que les personnalités qui s’y associent par leur présence ou y associent les gouvernements et institutions qu’elles représentent.

Je ne puis m’empêcher en cet instant d’évoquer Jacques Taieb cofondateur de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie décédé au mois de mai dernier qui tenait tant à cette commémoration comme historien et comme juif, et le Grand Rabbin de Paris David Messas (z’l) décédé il y a trois semaines. Depuis qu’en 1997, nous avons repris à Paris l’organisation de cette cérémonie, le Grand Rabbin Messas n’y avait pas manqué une seule année. Je saisis cette occasion pour rendre à sa mémoire l’hommage de notre Association et pour prier Monsieur le Grand Rabbin de France de rapporter à sa famille l’expression de notre compassion attristée.

Le XXème siècle restera pour l’histoire, celui de la plus grande entreprise de destruction de l’homme par l’homme. D’une manière préméditée, planifiée, organisée scientifiquement, avec les techniques les plus élaborées, un Etat européen qui avait atteint l’un des plus hauts degrés de raffinement et de civilisation, qui avait donné à l’humanité de grands philosophes, de grands écrivains, de grands musiciens,, a entrepris de faire disparaître tous les hommes femmes et enfants dont les ancêtres avaient proclamé «Tu aimeras ton prochain comme toi-même » et avaient transmis au monde le message du Sinaï repris par les autres religions monothéistes.

Depuis la guerre, il y a eu hélas, d’autres phénomènes de négation de la condition humaine, souvent sur des fondements raciaux ou ethniques,   notamment au Cambodge, au Rwanda, au Kosovo. Mais, ce qui fait la singularité et l’unicité de la Shoa c’est qu’elle a été pensée pour tous les continents, appliquée à une population non combattante et non agressive,  sur tous les territoires où les nazis ont pris pied fusse ce pour quelques jours comme à Rhodes ou pour six mois comme en Tunisie.

Alors  pourquoi ce silence trop peu souvent rompu sur les Juifs d’Afrique du Nord comme s’ils n’avaient pas souffert eux aussi des persécutions raciales, comme s’ils avaient été préservés des malheurs de la guerre, en un mot comme s’ils avaient survécu à l’écart des malheurs de la Shoah ?

Certes, le nombre des victimes est infime par rapport aux pertes subies par le judaïsme européen. Une occupation courte, de rares  déportations due en raison de l’obligation de les assurer par voie maritime ou aérienne, empêchent de comparer la situation tunisienne à celle des pays occupés d’Europe Orientale ou Occidentale. Mais la Shoah sous peine d’être banalisée ne doit pas être comptée, tronçonnée, comprise comme une succession de meurtres commis ici ou là. La Shoa a été pensée comme la destruction d’un ensemble. Ce qui s’est passé en Tunisie est un élément d’un plan concerté, méthodique, universel.

Voici pourquoi nous sommes là, pour nous souvenir, pour raconter et pour transmettre à nos enfants afin qu’ils transmettent à leur tour et je me réjouis de voir ici avec leurs enseignants les enfants de deux synagogues parisiennes dont celle des Juifs originaires de Djerba.

Le 8 novembre 1942, les troupes anglo-américaines débarquaient en Algérie et au Maroc, heureux prélude à la libération de l’Europe du joug nazi.

Hitler comprit que pour éviter que les troupes de Rommel qui se battaient en Libye contre le 8ème Armée de Montgomery et les Forces Françaises Libres de Larminat et de Koenig,  ne soient prises à revers, il  fallait occuper la Tunisie et diriger ses forces vers l’Algérie pour tenter de  rejeter les Alliés à la mer et les priver de ces bases de départ vers l’Europe. Le 10 novembre 1942 les premières troupes allemandes prirent pied en Tunisie. Une campagne de six mois allait s’ouvrir sur le sol tunisien, une campagne dure et meurtrière, la dernière bataille frontale de la seconde guerre mondiale, où la machine ne domine pas encore et où l’homme est encore le principal moyen de combattre.

Alors que la situation militaire aurait du retenir toute leur attention, là comme partout où ils passèrent, à Tunis, à Sousse, à Sfax, à Nabeul, à Kairouan, comme  à Paris et à Varsovie, comme à Rome et à Salonique, comme à Budapest et dans la petite île de Rhodes, les Allemands entreprirent de persécuter les Juifs.

A la tête de cette entreprise de persécution le colonel S.S. Walter Rauff. Responsable de l’extermination de milliers de juifs d’Europe de l’Est par les camions à gaz ancêtres des chambres à gaz, Rauff avait été envoyé en 1942 à Athènes dans la perspective en cas de victoire de l’Afrika Korps de liquider les Juifs d’Egypte et de Palestine. Serge Klarsfeld a retrouvé il y a trois ans son ordre de mission. Empêché de la mener à bien par la résistance des Britanniques, Rauff se propulse à Tunis sans aucun doute pour y réaliser la mission qu’il n’a pu accomplir ailleurs.

Onze mois avant, dans la petite ville de Wansee, les dirigeants nazis avaient arrêté leur programme de destruction des Juifs. Et les travaux historiques récents ont mis en évidence, que contrairement à une appréciation ancienne, les Juifs d’Afrique du nord avaient été compris dans le programme de Wansee .

Les mémoires du diplomate Rahn représentant le gouvernement allemand en Tunisie nous apprennent que des tentatives furent faites pour  inciter la population musulmane à un véritable pogrom et réaliser ainsi une partie du programme d’extermination. La sagesse des chefs de la communauté musulmane et les liens tissés par la présence séculaire des Juifs en Tunisie empêchèrent cet horrible dessein.

Aussi le 9 décembre 1942, Rauff et ses S.S. passent eux-mêmes à l’action. Ils cernent de bon matin le quartier de la Grande Synagogue, arrêtent tous les Juifs qui passent, profanent le Temple, détruisent les rouleaux  sacrés, les livres et les objets de culte, traquent jusque dans les caves où ils croyaient pouvoir se réfugier les fidèles en taleth surpris au moment de la prière, des vieillards, des enfants.

Une rafle similaire eut lieu aux alentours de l’école de l’Alliance Israélite. Toute la journée plusieurs milliers de juifs furent arrêtés et acheminés à pied sous la garde de soldats allemands vers des camps de travail qui ne furent connus que plusieurs jours plus tard par la Communauté. La première victime fut un jeune homme de 19 ans, Gilbert Mazouz, qui portant un appareil orthopédique trébucha et tomba épuisé au bout d’une marche de 50 kms, malgré tous les efforts de ses compagnons d’infortune. Un S.S. le tua d’un coup de fusil.

Pendant que cent personnalités juives étaient incarcérées à la prison militaire de la Kasbah, promis à une mort certaine, 5.500 juifs de Tunis furent envoyés dans des camps allemands, utilisés comme main d’œuvre  dans des conditions contraires à toutes les lois de la guerre et du droit des gens, sous les coups de cravaches de gardiens allemands, victimes de sévices, d’exactions et parfois hélas d’assassinats.

A Nabeul, à Kairouan, à Sfax, à Sousse les Allemands agissent de même. Et partout des réquisitions mobilières, des pillages, des amendes collectives (23 millions à Tunis, 25 à Sousse, 20 à Sfax, la totalité des dépôts juifs dans les banques à Gabès, 20 kg. d’or à Djerba, des viols même.

Puisqu’il y a ici des enfants de Djerba, je rappellerai que Rauff et ses commandos arrivèrent  à Djerba un jour de chabat. Ils exigèrent la remise de 50 kilos d’or et contraignirent le Grand Rabbin à faire le tour de l’île en auto ce jour sacré entre tous, pour collecter des bijoux destinés à constituer la rançon exigée. 20 kgs furent réunis en fin de soirée. Le commando s’en empara et promit de revenir le lendemain pour recevoir le solde. Le lendemain, l’île était conquise par les forces britanniques.

Au début d’avril 1943 commencèrent les déportations. Un premier contingent partit par avion de Tunis pour l’Italie et de là vers les camps d’Oranienburg, de Mauthausen, d’Auschwitz. Heureusement moins d’un mois plus tard, le 8 mai 1943, les armées de l’Axe prises en tenaille entre les forces Alliées venues de Tripolitaine et celles venues d’Algérie étaient contraintes de capituler. Les archives allemandes retrouvées très récemment ont révélées que les SS avaient pour instruction de fusiller tous les travailleurs des camps si la contre-offensive allemande avait été victorieuse et si les forces de l’Axe avaient pu progresser sur l’Algérie.

Raconter l’histoire c’est aussi rendre hommage à ceux, musulmans ou chrétiens qui ont aidé les Juifs. Qu’il me soit permis de citer simplement le Bey Moncef et les membres de la famille husseinite, les ministres Chenik, Materi, Aziz Djeloulli, Monseigneur Gounod Archevêque de Carthage, des fonctionnaires comme Lamotte, Binoche, de Saint-Paul, des médecins comme Bouquet et Dubosc.

Raconter l’histoire c’est aussi rendre hommage aux dirigeants de la Communauté et au premier chef le Grand Rabbin Haïm Bellaiche et le Président Moïse Borgel, mais également Paul Ghez, Elie Nataf, Léon Moatti, David Hassid etc… Je citerai encore Serge Klarsfeld :

« Si la situation des Juifs de Tunisie n’a pas été pire encore, ils le doivent à l’intelligence et à l’habileté des dirigeants de leur communauté, interlocuteurs exclusifs de terrifiants tueurs de juifs, qu’ils ont réussi à manœuvrer pour le plus grand bien de ceux qu’ils représentaient ».

Raconter l’histoire c’est évoquer hélas la collaboration de certains émules des nazis mais c’est aussi raconter le courage de ceux qui ont dit non : le Général de Gaulle, les Français Libres qui se battaient au même moment dans les sables de Libye et les résistants de tous bords qui s’organisaient et s’armaient pour refuser l’inacceptable. Parmi des Juifs de Tunisie : Max Guedj, jeune avocat natif de Sousse dont Pierre Clostermann a dit qu’il était le plus grand des héros de l’Aviation Française Libres, Compagnon de la Libération, cité par le Général de Gaulle dans ses mémoires ; Alfred Rossi également avocat, militant du Betar qui après avoir avec son réseau saboté des navires italiens, menacé d’arrestation réussit à s’enfuir à Malte et de là à Londres. Devenu agent du B.C.R.A. il devait périr fusillé par les fascistes lors d’une mission clandestine en Sicile ; Victor Attias également évadé d’Allemagne, un tant affecté au cabinet du Général de Gaulle à Londres avant de  rejoindre comme pilote, le  Groupe Lorraine avec Saint-Exupéry ; les courageux Ankri et Maurice Taieb qui n’hésitèrent pas alors qu’ils étaient dans un camp de travail à poursuivre leur travail de sabotage ce qui leur valut la déportation.

Je salue leur mémoire comme je salue celle de tous ceux qui combattirent pour la chute du nazisme et la liberté : les engagés volontaires juifs tunisiens, les combattants des campagnes de Tunisie, d’Italie, de France et d’Allemagne, les résistants. Les noms de ceux qui sont tombés pour la défense et la sauvegarde de la liberté seront unis dans quelques instants au nom de ceux qui sont morts assassinés par les ennemis de cette liberté.

X X X

Se souvenir c’est aussi s’engager. Il ne s’agit pas en effet d’évoquer seulement ces disparus innocents. Il ne s’agit pas seulement de partager ensemble un moment d’émotion et de tristesse. Le drame de la Shoah ne nous quitte pas. Il nous crée des obligations. Le souvenir de nos morts nous appelle à l’incessant combat pour la dignité et la liberté de l’homme. Renoncer sous prétexte que l’on ne peut rien, renoncer sous prétexte que l’homme est toujours victime de ses démons, de ses instincts, c’est reconnaître que nos morts sont morts pour rien ! Combattre en rappelant les méfaits du racisme, c’est honorer leur mémoire.

En France le racisme ne doit pas avoir de place. On ne saura jamais assez ce que représentait en ces temps là, pour tant d’âmes juives la France. On se répétait que la Révolution Française, pour la 1ère fois dans la monde avait fait des Juifs des citoyens libres et égaux en droit, que ses soldats avaient cassé les chaînes des ghettos partout où ils avaient porté le drapeau tricolore. Et c’est cette idée de la France que les responsables de Vichy reniaient comme ils avaient renié la République. Et aujourd’hui, nous aimons la France, nous l’aimons au point de la vouloir elle-même, fidèle aux principes de 1789, aux principes d’égalité et de liberté, ouverte et accueillante à tous, fidèle à l’esprit de Voltaire défendant le protestant Callas, de Victor Hugo luttant pour les Juifs Russes, de Zola, d’Anatole France, de Clemenceau luttant pour Dreyfus.

Emile Fackenheim a parlé de la voix prescriptive d’Auschwitz. Cette voix nous commande de travailler au règne de la justice, de la fraternité et de la paix et de la démocratie.

Parti de Tunis, nous avons vu au début de cette année un formidable mouvement  de jeunes qui manifestaient à Tunis, à Tripoli, au Caire, à Damas et ailleurs au nom de la Démocratie. Ces jeunes ne criaient pas «  A bas l’Occident », « A bas Israël », « A bas les Juifs », non, ils réclamaient la démocratie, la liberté, le respect des droits de l’homme, la transparence. Si la démocratie triomphe comme ces jeunes le voulaient, si ce mouvement n’est pas confisqué, il sera l’aube de la paix au Ponant comme au Levant.

Une cérémonie comme celle d’aujourd’hui en nous rappelant les noms de nos martyrs n’a de sens que si nous demeurons fidèles à leur mémoire en luttant toujours, partout contre tous les racismes , contre toutes les exclusions, contre toutes les atteintes à la dignité humaine. Elle requiert de nous, exigence, fidélité, pour que tout homme soit traité comme homme non comme un animal, pour qu’il n’y ait plus jamais d’Auschwitz.

La mémoire des morts de la Shoah m’appelle à agir, sinon pourquoi déplorais-je qu’ils sont morts ? La tâche est difficile, elle est immense et la marge de chacun infinitésimale. Mais changer les choses de façon infinitésimale c’est déjà contribuer à changer l’ordre du monde. Renoncer sous prétexte que l’on ne peut rien, c’est oublier ceux qui sont morts, c’est donner à Hitler une victoire posthume.

Que le rappel des souffrances et des combats qui nous réunit aujourd’hui soit le souffle du rêve de fraternité.

La flamme de l ‘ossuaire qui brille dans cette crypte comme un défi à la nuit, laisse échapper comme l’écrit Châteaubriant dans les Mémoires d’Outre-tombe, une large fumée blanche, et cette  fumée blanche c’est la lueur de l’espérance.

Programme de la SHJT 2011-2012

Au lendemain de son Assemblée Générale, la SHJT a le plaisir de vous présenter son nouveau programme de conférence pour ‘lannée universitaire à venir.

A moins d’une mention contraire l’ensemble des conférences se dérouleront selon les modalités suivantes:

Horaire des conférences : 18h30

Lieu des conférences : Centre Communautaire de Paris – 119 rue Lafayette – 75010 PARIS

Métro : Poissonnière ou Gare du Nord

Parkings : Sogeparc – place F. Liszt (10ème) & Garage l’Abbeville – 5 rue Abbeville (10ème)

———–

mardi 25 octobre 2011 - Eric Gobe Chargé de recherche au  C.N.R.S.-Directeur scientifique de L’Année du Maghreb

«  Les avocats juifs dans la Tunisie du protectorat : entre discriminations coloniales et émancipation »

-mardi 22 novembre 2011 – Ariel Danan – Docteur en histoire-Directeur adjoint de la Bibliothèque de l’A.I.U.

« Nouveau regard sur l’histoire des Juifs d’Afrique du Nord durant la Seconde Guerre mondiale »

-dimanche 11 décembre 2011 à 10heures 45 précises au Mémorial de la Shoah

Cérémonie traditionnelle d’hommage aux Juifs de Tunisie victimes de la barbarie nazie à l’occasion de l’anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis par les S.S. (9 décembre 1942). Cette cérémonie se déroulera en présence de Monsieur Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, des représentants diplomatiques d’Israël et de Tunisie, du Maire de Paris et de nombreuses personnalités.

Mémorial de la Shoah-17 rue Geoffroy l’Asnier   75004 Paris

-mardi 24 janvier 2012 –  Martin Messika – Chercheur (Paris I et Université du Quebec)

« Aperçu des politiques d’accueil et d’intégration des Juifs de Tunisie en France, en Israël et au Canada » (titre sous réserve)

-dimanche 29 avril 2012 – Journée d’hommage à Jacques Taieb décédé le 2 mai 2011

Des « Mélanges » (travaux inédits) seront présentés en mémoire de Jacques Taieb par des chercheurs israéliens, maghrébins et français.

Le lieu sera précisé ultérieurement.

-mardi 27 mars 2012 Emmanuel Debono – Chercheur (I.E.P. Paris)

« Antisémitisme et lutte contre l’antisémitisme en Tunisie à la veille de la Seconde Guerre Mondiale »

Mardi 22 mai 2012 –  Christelle Taraud – Professeur à la Columbia University et co-responsable du séminaire d’histoire coloniale à Sciences-Po Paris

« La prostitution en Tunisie à l’époque du Protectorat français »


Cérémonie à la mémoire de Robert Attal, membre d’honneur de la SHJT

La Société  d’Histoire des Juifs de Tunisie a le regret de vous faire part du décès survenu à Jérusalem le 25 février

de Robert Attal

Bibliothécaire honoraire de l’Institut Ben-Zvi (Université hébraïque de Jérusalem)

Pionnier de la recherche scientifique sur l’histoire des Juifs de Tunisie et du Maghreb en général

Membre d’honneur de la Société d’Histoire  des Juifs de Tunisie

Un hommage avec la bibliothèque de l’Alliance et la Commission française des archives juives lui a été rendu par la SHJT à l’occasion des prières de huitaine le jeudi 3 mars 2011 à 18 heures au Temple Buffault

vous pouvez découvrir l’Allocution d’hommage à Robert Attal prononcée en cette occasion par Claude Nataf, président de la SHJT

Cérémonie 2010 à la mémoire des Juifs de Tunisie victimes des persécutions nazies

La Cérémonie commémorative de la rafle des Juifs de Tunis par les SS, qui eut lieu le 9 décembre 1942, s’est déroulée le 5 décembre 2010, au Memorial de la Shoah, en présence de nombreuses personnalités religieuses, civiles et militaires, ainsi que des représentants des corps diplomatiques de Tunisie et d’Israël.

Devant une foule nombreuse et recueillie, se succédèrent le dépôt de gerbes, le rappel historique de cette sombre période par le Président de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie, Claude Ntaf, et l’intervention émue du grand Rabbin de France, Gilles Bernheim.

Enfin, les noms des Juifs de Tunisie tués pendant l’occupation nazie que ce soit en déportation ou dans les camps de travail, ainsi que les noms des Juifs de Tunisie morts au champ d’honneur ont été rappelés.

A l’issue de la Cérémonie, l’ensemble des personnalités ont apposé leur signature au livre d’or.

———–

Découvrez l’allocution prononcée par C. Nataf lors de la cérémonie 2010

Cérémonie du 6 Décembre 2009 au mémorial de la Shoah

Le 9 décembre 1942, les nazis organisent ce qui restera comme « la grande rafle de Tunis »

Chaque année début, la SHJT organise une cérémonie au mémorial de la Shoah à la mémoire des Juifs de Tunisie victimes des nazis.

Vous pouvez découvrir ci-dessous l’allocution prononcée par Claude Nataf, Président la SHJT en décembre 2009

Discours prononcé le 6 décembre 2009 à l’occasion de la cérémonie organisée par la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie au mémorial de la Shoah à la mémoire des Juifs de Tunisie victimes des nazis.

Par Claude Nataf, Président de la SHJT

Monsieur le Ministre,
Monsieur le Ministre Conseiller à l’Ambassade de Tunisie en France,
Monsieur le Ministre Conseiller à l’Ambassade d’Israël en France
Monsieur l’Ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO
Madame le Sénateur des Français de Tunisie
Messieurs les Représentants du Ministre de la Défense Nationale et du
Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants,
Madame Vieu-Charrier, Maire adjoint représentant Monsieur Delanoë
Maire de Paris
Madame le Maire du 4ème Arrondissement de Paris
Mesdames et Messieurs les Elus
Monsieur le Grand Rabbin de Paris
Monsieur le Rabbin Jonas représentant Monsieur le Grand Rabbin de France
Messieurs les Rabbins représentant l’Aumônerie militaire israélite,
Messieurs les Rabbins
Chère Beate Klarsfeld
Monsieur le Président du Consistoire de Paris
Monsieur le Vice-président du CRIF
Mesdames et Messieurs les Présidents des Associations d’Anciens
Déportés, d’Anciens Combattants et d’originaires de Tunisie,
Messieurs les représentants de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, du Mémorial de la Shoah et l’Amitié Judéo-musulmane de France
Mademoiselle la Présidente de l’Union des Etudiants Juifs de France
Messieurs les porte-drapeaux
Mesdames, Messieurs,

« Zakhor, Al Tichkah » «Souviens-toi. N’oublie pas »

Ces mots gravés sur le mur de cette crypte résonnent d’un écho singulier, alors que l’émotion se mêle au recueillement, le chagrin au regret.

C’est une nouvelle fois la mémoire qui nous rassemble. La mémoire des Juifs de Tunisie victimes de la Shoah, car le refus d’oublier, le souvenir des victimes, constituent l’ultime défaite du nazisme et cette défaite nous sommes là pour la consacrer.

Mais se souvenir, c’est aussi transmettre. Il faut que toujours l’histoire soit enseignée et rappelée. Jamais la chaîne ne doit se rompre. Nos enfants, nos petits-enfants, devront garder au plus profond de leur cœur, poignante comme une douleur et présente comme une menace la conscience de ce qui s’est passé. Je me félicite que le conseil d’administration de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie compte cette année un étudiant, Raphaël Haddad, qui achevait il y a peu son, cycle d’études et son mandat de président de l’Union des Etudiants Juifs de France et je salue particulièrement la présence à cette cérémonie de la nouvelle présidente Arielle Shwab accompagnée d’une délégation d’étudiants.

Longtemps le silence a prévalu sur les souffrances des Juifs de Tunisie. On a tenté d’oublier et d’occulter : il y avait eu d’autres malheurs plus grands, immenses, monstrueux. Comment juives de Tunisie ne dépassant pas la centaine aux six millions de Juifs européens assassinés ? Mais laisser le temps éroder la mémoire c’est laisser la nuit envelopper le souvenir des victimes et l’atrocité des crimes. C’est nier l’histoire, opposer une souffrance à une autre, c’est en tout cas donner une victoire posthume aux assassins.

La Seconde Guerre mondiale ne s’est pas déroulée seulement en Europe. L’Allemagne nazie n’a pas seulement persécuté les Juifs d’Allemagne au prétexte de je ne sais quelle dangerosité pour la nation allemande, mais aussi les Juifs de tous les pays occupés par ses forces ne fut-ce que pour vingt quatre heures commeà Rhodes, voulant éliminer les Juifs – croyants, athées, libéraux, orthodoxes, achkenazim, sefardim, hommes, femmes, enfants – de toute la surface de la terre.

Les Juifs de Tunisie qui avaient dès 1934, fraternellement accueillis des coreligionnaires réfugiés d’Allemagne, n’ignoraient pas les dangers qu’une victoire de l’hitlérisme ferait courir à l’humanité. Dès la déclaration de guerre, 3.000 Juifs tunisiens s’engagèrent dans les armées françaises pour le triomphe du droit et de la liberté, parmi eux le père d’un ancien Grand Rabbin de France et le père d’un actuel ministre de la République.

Cliquez ici pour télécharger la totalité du discours

Découvrez cette publication  :

Robert Borgel – Etoile Jaune et croix gammée