Le 9 décembre 1942, les nazis organisent ce qui restera comme « la grande rafle de Tunis »
Chaque année début, la SHJT organise une cérémonie au mémorial de la Shoah à la mémoire des Juifs de Tunisie victimes des nazis.
Vous pouvez découvrir ci-dessous l’allocution prononcée par Claude Nataf, Président la SHJT en décembre 2009
Discours prononcé le 6 décembre 2009 à l’occasion de la cérémonie organisée par la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie au mémorial de la Shoah à la mémoire des Juifs de Tunisie victimes des nazis.
Par Claude Nataf, Président de la SHJT
Monsieur le Ministre,
Monsieur le Ministre Conseiller à l’Ambassade de Tunisie en France,
Monsieur le Ministre Conseiller à l’Ambassade d’Israël en France
Monsieur l’Ambassadeur de Tunisie auprès de l’UNESCO
Madame le Sénateur des Français de Tunisie
Messieurs les Représentants du Ministre de la Défense Nationale et du
Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants,
Madame Vieu-Charrier, Maire adjoint représentant Monsieur Delanoë
Maire de Paris
Madame le Maire du 4ème Arrondissement de Paris
Mesdames et Messieurs les Elus
Monsieur le Grand Rabbin de Paris
Monsieur le Rabbin Jonas représentant Monsieur le Grand Rabbin de France
Messieurs les Rabbins représentant l’Aumônerie militaire israélite,
Messieurs les Rabbins
Chère Beate Klarsfeld
Monsieur le Président du Consistoire de Paris
Monsieur le Vice-président du CRIF
Mesdames et Messieurs les Présidents des Associations d’Anciens
Déportés, d’Anciens Combattants et d’originaires de Tunisie,
Messieurs les représentants de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, du Mémorial de la Shoah et l’Amitié Judéo-musulmane de France
Mademoiselle la Présidente de l’Union des Etudiants Juifs de France
Messieurs les porte-drapeaux
Mesdames, Messieurs,
« Zakhor, Al Tichkah » «Souviens-toi. N’oublie pas »
Ces mots gravés sur le mur de cette crypte résonnent d’un écho singulier, alors que l’émotion se mêle au recueillement, le chagrin au regret.
C’est une nouvelle fois la mémoire qui nous rassemble. La mémoire des Juifs de Tunisie victimes de la Shoah, car le refus d’oublier, le souvenir des victimes, constituent l’ultime défaite du nazisme et cette défaite nous sommes là pour la consacrer.
Mais se souvenir, c’est aussi transmettre. Il faut que toujours l’histoire soit enseignée et rappelée. Jamais la chaîne ne doit se rompre. Nos enfants, nos petits-enfants, devront garder au plus profond de leur cœur, poignante comme une douleur et présente comme une menace la conscience de ce qui s’est passé. Je me félicite que le conseil d’administration de la Société d’Histoire des Juifs de Tunisie compte cette année un étudiant, Raphaël Haddad, qui achevait il y a peu son, cycle d’études et son mandat de président de l’Union des Etudiants Juifs de France et je salue particulièrement la présence à cette cérémonie de la nouvelle présidente Arielle Shwab accompagnée d’une délégation d’étudiants.
Longtemps le silence a prévalu sur les souffrances des Juifs de Tunisie. On a tenté d’oublier et d’occulter : il y avait eu d’autres malheurs plus grands, immenses, monstrueux. Comment juives de Tunisie ne dépassant pas la centaine aux six millions de Juifs européens assassinés ? Mais laisser le temps éroder la mémoire c’est laisser la nuit envelopper le souvenir des victimes et l’atrocité des crimes. C’est nier l’histoire, opposer une souffrance à une autre, c’est en tout cas donner une victoire posthume aux assassins.
La Seconde Guerre mondiale ne s’est pas déroulée seulement en Europe. L’Allemagne nazie n’a pas seulement persécuté les Juifs d’Allemagne au prétexte de je ne sais quelle dangerosité pour la nation allemande, mais aussi les Juifs de tous les pays occupés par ses forces ne fut-ce que pour vingt quatre heures commeà Rhodes, voulant éliminer les Juifs – croyants, athées, libéraux, orthodoxes, achkenazim, sefardim, hommes, femmes, enfants – de toute la surface de la terre.
Les Juifs de Tunisie qui avaient dès 1934, fraternellement accueillis des coreligionnaires réfugiés d’Allemagne, n’ignoraient pas les dangers qu’une victoire de l’hitlérisme ferait courir à l’humanité. Dès la déclaration de guerre, 3.000 Juifs tunisiens s’engagèrent dans les armées françaises pour le triomphe du droit et de la liberté, parmi eux le père d’un ancien Grand Rabbin de France et le père d’un actuel ministre de la République.
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- Robert Borgel – Etoile Jaune et croix gammée
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